Adama, le violenté de la terminale D


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Par Dominique ADJE
Mis à jour le 2021-06-25 21:24:47

Badjuian Adama, bien connu à Bonoua, mène une vie retranchée marquée par le calvaire subi lors des violences scolaires et universitaires. Loin de ses parents biologiques, gabarit athlétique, 70 kg, un mètre soixante-dix, visage anguleux et sobre, il affectionne le jeans et les polos.


 En 2020, le regard fixé dans les livres scolaires, le jeune homme fait son entrée pour la première fois dans la ferronnerie, auprès d’un bienfaiteur. Refusant tout esprit d’oisiveté, Adama vend, pendant les week-ends, des assiettes et des verres au marché de Bonoua. Il rencontre le malheur en avril 2021 : Adama, est violemment attaqué par des individus mal intentionnés, après une séance de prière, le mercredi 21, à 13h, dans les locaux du lycée. « Ils sont entrés dans la salle et nous ont demandé de leur donner de l’argent. On leur a dit non ! Brusquement, ils ont sorti des couteaux et ont commencé à attaquer. Ils ont déchiré mon uniforme, j’ai reçu par la suite des coups de briques et des coups de couteaux au niveau de la tête. » se souvient-il avec dégoût, revenait de faire l’amère expérience des violences à l’école.

 Adama est né le 19 mars 1999 à Alépé, dans la région de la Mé à 56 km d’Abidjan. Jeune ivoiro-burkinabé et grand nom de l’Association des Elèves et Etudiants musulmans de Côte d’Ivoire (AEEMCI), section du lycée moderne de Bonoua, il est l’aîné d’une fratrie de six enfants dont il est le seul garçon, du couple SAWADOGO Aicha (décédée) et de BADJUIAN Rasmane. Son père était un grand planteur dans le village de Bongo. Adama a donc grandi au milieu de toutes les attentions dans cette bourgade située à 60 km de Bonoua. Il a fait ses premiers pas à l’Ecole Primaire Publique de Bongo. Au CM2, il quitte sa chaleureuse famille pour le Secondaire au Lycée moderne de Bonoua.

Brevet d’Etude du Premier Cycle (BEPC) en poche, il rencontre plutôt ses premières difficultés en 2016 : « J’ai perdu ma maman. Les conditions de vie, ici à Bonoua, étaient devenues très pénibles. Mais par la grâce de Dieu j’ai pu obtenir le BEPC » dit-il, l’air angoissé. Ajoutant : « J’aurais tant voulu embrasser ma maman en lui partageant ma joie. » Un parcours scolaire excellent le mène en classe de terminale D et sur le chemin des bandits. « Il faut que quelque chose soit fait car les violences en milieu scolaire sont traumatisantes pour les jeunes que nous sommes ».

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