Violences en milieu scolaire et estudiantin : Quand l´Etat combat le mal à coup de réflexions et de mesures


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Par Ousmane AIDARA & Cy
Mis à jour le 2021-06-25 21:24:57

Il s´est tenu un panel à l´université Félix Houphouët-Boigny, le jeudi 8 avril 2021, sur le thème : « L´Etat de côte d´ivoire face aux défis des violences en milieu scolaire : comment y remédier pour protéger les acteurs à l´école et pérenniser les investissements du Gouvernement ivoirien et des partenaires dans le domaine de l´éducation ». Cette activité s´inscrivait dans une campagne annuelle dénommée « zéro violence à l´école ».


Pour le président des Associations de Parents d’Elèves et d’Etudiants de Côte d’Ivoire, Kadio Aka Claude, « cette campagne vise à combattre ce fléau avec le dialogue comme arme ». Selon lui, « il n’est pas nécessaire de chercher un coupable dans cette affaire mais plutôt de trouver un cadre de réflexion. Car « la crise de l’incivisme est bel et bien là ».

Comme propositions, le gouvernement, a avancé « l’instauration de vrais cours de morale et de civisme car l’enseignement moral et civique, tel qu’il était autrefois pratiqué à l’école, est redevenu plus que nécessaire du fait de la démission de certains parents ». Le gouvernement entend ainsi restaurer le prestige, l’autorité des enseignants et réintroduire des cours de discipline dans la formation des professeurs. Enfin l’exclusion définitive des élèves est envisagée à la troisième infraction grave au règlement intérieur (usage de stupéfiants, tags, agressions…) dans un établissement scolaire.

A l’ouverture d’un atelier sur le thème : «Les conflits en milieu universitaire et scolaire et unité nationale », tenu à grand Bassam du 17 au 20 avril 2019, la ministre de l’Education Nationale d’alors, Kandia Camara, a promis de garantir à l’enseignant sa dignité vis-à-vis de ses élèves et de la société.  Elle a par conséquent décidé que tout élève qui s’en prendra à un enseignant sera purement et simplement radié. Elle a également annoncé que les parlementaires allaient bientôt légiférer pour protéger les filles contre le harcèlement sexuel et les grossesses précoces à l’école, et que les auteurs de tels actes seraient durement punis afin de redorer l’image de l’institution scolaire. 

Pour le professeur sociologue Legré Henri, il n’existe pas de solutions miracles pour combattre la violence scolaire et universitaire : « On ne peut pas changer la société par un décret » a-t-il affirmé dans son intervention. Il a estimé que le système pédagogique actuel n’offre pas aux enseignants la possibilité d’utiliser tous les moyens dont ils disposent pour éduquer les écoliers. « L'impunité encourage l’enfant à signer et persister dans ses dérives », selon lui.

     Le constat est clair, l’Etat ivoirien se soucie fortement de la violence à l’école. Il mène activement la réflexion pour combattre le fléau car, dans nos écoles et cités universitaires règnent la loi du muscle, les armes blanches ont remplacé les craies blanches : bastonnade, injure, destruction de biens, abus sexuel, assassinat, etc. Et depuis 2011, le gouvernement ivoirien a décidé d’enrayer la violence sous toutes ses formes de nos écoles et universités. Avant cela, le ministère de l’Education nationale a pris un arrêté portant interdiction des punitions physiques et humiliantes à l’endroit des élèves depuis 2009.

   Dans le milieu universitaire, un vaste plan de réhabilitation des infrastructures a été mis en place par les autorités afin d’augmenter la capacité d’accueil des étudiants en cités universitaires tant à Abidjan qu’à l’intérieur du pays, notamment dans les universités de Bondoukou et de San Pedro, après ceux de Bouaké, Daloa, Man et Korhogo réhabilitées. Et les années de braise font progressivement place à la normalisation de la vie estudiantine et de l’école ivoirienne.

   Ces actions sont les bienvenues. La violence scolaire est un problème mondial qui ne peut être résolu par des remèdes standards dans la mesure où le degré de violence varie d’un pays à un autre. Dans tous les cas, la prise des mesures préventives sérieuses pour régler la situation est de plus en plus urgente.  Tous les acteurs doivent porter leur regard sur ce phénomène en vue de l’atténuer et le faire disparaître progressivement voire définitivement.

Ousmane AIDARA &

Cynthia OGOUA

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                                                                                           Aux grands maux, de grands remèdes

En Côte d’Ivoire, les cours dans les établissements scolaires connaissent des perturbations, depuis quelques années, à l’approche des congés. Bien avant la date indiquée des congés scolaires, des élèves s’adonnent à des actes de violences : détonation de pétards, sifflet, bagarres, agressions, etc. Ces élèves refusent ainsi de se soumettre au calendrier des congés préétablis par le gouvernement.

Ils affichent leur non-respect et la non-considération de l’autorité éducative mais ne subissent généralement aucune réprimande concrète de la part des éducateurs. Pour eux, entre autres raisons, l’écart entre l’arrêt des notes du premier trimestre et le départ en congé de Noël est trop long. Ils considèrent cet écart comme du temps perdu.

Face à la montée de ce phénomène qui a conduit très souvent à des pertes en vies humaines, le gouvernement ivoirien prend ses responsabilités et brandit la fermeté.  Ainsi, depuis 2019, le gouvernement ivoirien a décidé de radier tout élève prit en train de semer des troubles pour déloger d’autres camarades de classe, tout en sensibilisant les élèves et leurs parents pour une prise de conscience.

Enfin, il est envisagé aussi la mise en place des unités pédagogiques, en intelligence avec les administrations des établissements, qui doivent programmer les devoirs communs durant la dernière semaine qui précède les congés ; la réduction de l’écart entre la date de l’arrêt des notes, du calcul des moyennes du premier trimestre et celle des congés de décembre. Toutes ces mesures, si elles sont appliquées, pourraient contribuer à redonner à l’école ivoirienne, son lustre d’antan.

 CYNTHIA OGOUA

 

 

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