Me Ismaël Ben Diaby (juriste et écrivain) :«Les enfants écrivains ont des représentants légaux qui les engagent »


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Par Jean-Cyrille OUATTAR
Mis à jour le 2021-06-29 12:00:40

Maitre Ben Diaby est juriste et écrivain. Sa profession d´avocat et sa parfaite connaissance de l'industrie du livre, lui permettent d´aborder sans détour les lois qui encadrent ladite industrie.


Maitre, la loi N° 2015-540 du 20/07/2015 prévoit des tarifs préférentiels pour les livres imprimés et édités en Côte d’Ivoire. Peut-on assimiler cela à du protectionnisme ?

A mon avis c’est une forme de promotion du livre auprès des lecteurs en réduisant le coût d’acquisition du livre. On sait tous que les lecteurs se font de plus en plus rares et les écrivains ne vendent pas bien leurs ouvrages.

Cette même loi vise à soutenir l’exportation des livres scolaires ivoiriens en Afrique francophone. Comment mener cette activité quand on sait que les librairies par terre et la piraterie s’invitent dans la chaîne de production ou de distribution ?

C’est pour cela que les livres ne doivent pas être hors de portée des lecteurs. Il faut des prix raisonnables. Pour cela, il faut que l’Etat soutienne les acteurs du livres (auteurs, distributeurs et maisons d’éditions).

Selon la loi, est considéré comme écrivain « toute personne physique qui rédige et fait publier des ouvrages littéraires ou de fiction ». En journalisme, une carte professionnelle atteste de la pratique du métier. Qu’en est-il du métier d’écrivain ?

Il y a des associations d’écrivains qui délivrent des cartes de membres. Il faut dire qu’il nous faut rendre dynamique ces associations.

La loi présente le libraire et le détaillant comme une personne dont la vente du livre est l’activité. Quelle est la nuance entre ces deux termes ?

Il y a des structures comme EDIPRESSE qui sont des grands réseaux de distributions alors qu’il existe des librairies ou des revendeurs de petite taille.

En son article 21, la loi mentionne une équité, en termes de finances, entre l’auteur d’un livre et son éditeur. Pourtant, il se dit que les écrivains ne perçoivent que 10% du revenu sur chaque vente. Que faut-il retenir ?

L’éditeur supporte des charges que l’écrivain ne supporte pas. Donc l’équité justement consiste à tenir compte des charges des uns et des autres dans la commercialisation des livres.

Au Chapitre IV, l’article 12 stipule que l’éditeur d’un livre ivoirien doit prévoir, pour sa promotion, un budget arrêté d’un commun accord avec le producteur. Sur quels critères faut-il prévoir ce budget quand des enfants, des élèves sont écrivains ? 

Les enfants écrivains ont des représentants légaux qui les engagent. Ceux-ci doivent pourvoir analyser les lignes du budget avec l’éditeur et s’en accorder.  

En milieu scolaire, certains enseignants imposent des manuels scolaires qui ne sont pas au programme. Est-ce légal ?

Chaque enseignant à sa méthode de travail et trouve des intérêts particuliers dans certains livres. On est tous passés par là et ce n’était pas si mauvais que ça.

 

Jean-Cyrille OUATTARA

 

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