Au cœur du Salon du livre, la foire aux prix non accessibles


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Par Melaine KONDON
Mis à jour le 2021-06-29 12:00:05

Des stands dressés sous le préau de l´hôtel communal. Des tables chargées d´ouvrage de tous genres. Des écrivains, novices comme anciens, des étudiants, élèves, parents, enfants, société civile… tous présents pour le livre.


« Notre société est engagée dans tout ce qui est NTIC, informatique, internet, les réseaux sociaux et ceux-ci ont pris totalement le pars sur la lecture, sur la tradition du livre sur support physique. Ce salon est une occasion pour montrer que la lecture est un puissant vecteur de communication. Elle permet aux enfants de développer leur capacité intellectuelle, de s’évader et de se distraire sainement », Yolande YACE, marraine de la cérémonie. Dans le même canevas, le maire de ladite commune, Jean-Marc YACE, costume bleu nuit, après la visite des stands et face à la presse déclare : « La lecture fait voyager, découvrir et rectifier nos erreurs, nos fautes grâceà la lecture. Elle est une chose importante qui se faisait de manière naturelle avant les réseaux sociaux. Je demande à tout un chacun, à nos enfants et les grandes personnes qui peuvent les accompagner de remettre tous nos enfants à la lecture, source de développement, de connaissances, de voyager».

Le maire n’a pas tort. Malgré son allure de banlieue parisienne, avec ses beaux jardins et espaces verts, la commune de Cocody ne dispose d’aucune bibliothèque propre à elle. Jean-Marc YACE propose sa solution. « J’appelle toutes les institutions financières, les chancelleries qui sont sous la commune de Cocody à donner un coup de main à la commune pour mettre en place la bibliothèque de Cocody, afin que tous nos enfants puissent s’adonner de plus en plus à la lecture, qui nous permettra non seulement d’avoir une meilleure qualité de vie, une culture plus approfondie et voyager à travers les livres et le monde ».

Cette première édition du Salon du livre, marquée par des cafés littéraires se veut un lieu d’échanges. Elle a enregistré du beau monde. Au cours du café littéraire consacré à sa dernière œuvre, « Le Zaouli », Macaire ETTY, président de l’Association des Ecrivains de Côte d’Ivoire, a donné une information économique surprenante : « L’auteur n’a droit qu’à 10% du revenu sur un livre selon la chaîne de production. De plus, avec la concurrence déloyale qui règne dans le milieu et les réseaux sociaux avec leur méthode de téléchargement gratuit, l’écrivain peine à vivre de son art ».Au nombre des personnalités qui ont effectué le déplacement pour assister à cet évènement, le préfet hors grade, Vincent Irié TOH BI a une autre idée : « Les réseaux sociaux sont aussi une aubaine pour la promotion du livre, une opportunité commerciale qui permet de vendre des livres rapidement mais ils ne doivent pas exclure la version classique ou physique du livre ».

Elèves, étudiants, parents et enfants n’ont pas voulu se faire raconter l’évènement. Ils ont effectué le déplacement et créé une ambiance festive sur les lieux. Dans cette foule, Francine KOUAO, mère de famille, venue visiter les stands avec ses enfants, s’est procuré des ouvrages. Longue robe blanche, sourire aux lèvres et les yeux émerveillés par les œuvres étalées, elle s’empresse : « Je suis attirée par certains livres mais le prix ne m’est pas accessible, vu mes revenus et mes charges mensuels. Je me contente d’un livre pour mes enfants », dit-elle, visiblement désolée. Mais les élèves Adibolo et Yaoussa sont, eux, repartis en joie. Pour cette première édition, ils ont respectivement remporté le prix du concours de dictée et celui de la lecture.

 

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