UN ESPOIR AU PLACARD


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Par Jean-Cyrille OUATTAR
Mis à jour le 2021-06-29 11:59:19

Jadis, le rêve était permis. Le livre reflétait bien plus qu´une simple source de revenu. Sa couverture, à elle seule, symbolisait une arme de combat, pacifique, bien sûr. Ses lignes étaient un éclat de voix.


A l’époque de Bernard Dadié, Amadou Kourouma ainsi que tous les dignes écrivains de ce pays le combat démocratique pour dénoncer les tares insupportables de la colonisation était concret. D’ailleurs ce combat s’opposait à la mauvaise déviation des indépendances en Afrique. La descendance était prometteuse. Il était sans doute inimaginable que le livre, alors pratiquement sacralisé, serait autant désacralisé qu’il l’est de nos jours.

Au pays de Nanan Boigny, la drogue prend l’allure de religion chez les jeunes. La baguette de pain à 150 FCFA est plus coûteuse que les « Malboro rouge » et autres cigarettes vénérées. Les jeunes filles, charmantes et belles, sont abonnées au « Bobaraba », au « Mapouka » et autres danses extravagantes.

Elles ignorent tout du « Carnet de Prison » de Bernard Dadié. Les jeunes garçons sont accrochés au gain facile, au « broutage ». Ils ne savent rien de l’œuvre « Les bouts de boisde Dieu »de Sembène Ousmane. Ne les provoquez pas ! Ils risquent de vous en vouloir. Rares sont ceux qui daignent fréquenter, ne serait-ce qu’une librairie par terre.

 

Oui, l’espoir s’amenuise. La jeunesse ivoirienne s’adonne à tout, sauf à la lecture. Elle attend son tournoi continental des flemmards à partir, malheureusement, de notre belle Côte d’Ivoire où règne désormais la saga des ignares !

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