Arouna, le vieux mendiant qui vit d´espoir


/
Par Fanta Erika DOSSO &
Mis à jour le 2024-01-21 21:13:27

Teint noir, petits yeux, grandes oreilles et lèvres roses, Arouna Abdoul est un vieillard qui s‘adonne à la mendicité. Il n´a aucun handicap physique mais il a recours à cette pratique depuis trois ans déjà. . .


Vêtu d’un boubou blanc, stylo dans la poche, chapeau blanc posé sur sa tête chauve et des sandales vertes aux pieds, chaque matin il se rend au carrefour Saguidiba de Yopougon. Là, il pose sa chaise, la nettoie, s’assoit et fait sa petite prière avant de débuter la journée.

Devant lui, se trouve une assiette en aluminium utilisée pour recueillir l’argent récolté. Afin d’éviter les rayons de soleil qui scintillent de mille feux ou la pluie, Arouna possède un parapluie rouge qu’il accroche à sa chaise.

Autrefois, il gagnait suffisamment d’argent chaque jour, mais ce n’est plus le cas depuis que la mosquée du quartier Saguidiba a été cassée. Désormais, il enregistre d’énormes pertes financières : « La mosquée a été cassée. Peu de gens nous donne de l’argent. Les jours ne sont pas les mêmes. Souvent nous gagnons 2 000 à 5 000 francs par jour, parfois rien. Il y a des personnes aussi qui nous donnent du poulet que nous vendons à 1 500 ou 2 000 FCFA. Si nous gagnons deux poulets, nous sommes avancés, dans le cas contraire on fait avec. Parfois nous recevons des dons de riz et de lait. » Explique-t-il mélancolique.

A 75 ans, cet homme à la barbe blanche est marié à 2 femmes et père de 12 enfants. Cultivateur au Niger, son pays d’origine, Arouna avait immigré dans la ville d’Aboisso, au Sud de la Côte d’Ivoire, comme tenancier de kiosque.

« Je travaillais au Niger. J’avais un champ, je cultivais du mil, du maïs, des haricots et de l’arachide ». Confronté à de nombreux soucis financiers, le septuagénaire n’a eu d’autres choix que de quitter sa terre natale. Pour l’aventure. « Dès mon arrivée en Côte d’Ivoire, je me suis installé à Aboisso. Je tenais un kiosque. Je vendais des pâtes alimentaires, du pain » déclare-t-il.  

La situation financière du vieillard ne s’est guère améliorée : « Je n’arrive pas à scolariser mes enfants. Il est difficile pour nous de manger convenablement. Moi-même, je suis malade depuis trois jours, mais je n’ai pas l’argent pour acheter les médicaments. L’ordonnance se trouve actuellement dans ma poche. » Indique Arouna-le-vieux qui affirme continuer de mendier dans l’espoir de lendemains meilleurs.


Fanta Erika DOSSO & Retour 291 vues

Partenaires