Syndicats et gouvernement coalisés pour l´application du nouveau Smig


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Par Alain ZAGADOU et
Mis à jour le 2024-01-21 21:14:36

Yves Kodibo, Secrétaire général de l´Union nationale des Travailleurs de Côte d´Ivoire (Unatraci), de retour d´un séminaire relatif à l´amélioration des conditions de travail des employés du secteur privé, le 3 mai à Grand Bassam, salue la revalorisation du Salaire Minimum Interprofessionnel Garanti (Smig) annoncée par le gouvernement.


Syndicaliste chevronné, il précise à notre équipe que son organisation a participé activement aux débats ayant abouti à cette mesure.

 Accueillie avec joie et enthousiasme par les syndicats du secteur privé, parce qu’elle vise à garantir un salaire minimum décent à leurs membres, cette mesure ne semble pas être appliquée dans toutes les entreprises. Parce que de nombreux travailleurs continuent de percevoir des salaires en deçà du nouveau Smig. Une situation qui soulève des questions importantes quant à l'efficacité de la mise en œuvre de la mesure chez les syndiqués et qui pose par la même question cruciale de leviers dont ils disposent pour amener les employeurs à respecter ladite décision.

   Pour le représentant syndical, même « si la revalorisation du Smig est une décision qui aura une incidence positive sur le devenir les nombreux travailleurs de Côte d’Ivoire », quelques entraves existent à l’application de la décision sur le terrain. « Une centrale syndicale a forcément des représentations dans toutes les sociétés que ce soit dans le secteur privé ou le secteur informel. Pour savoir que la décision est appliquée, il y a les délégués du personnel et les syndiqués qui nous informent de l’application ou non de la mesure », relève le secrétaire général. Yves Kodibo ajoute que le syndicat peut saisir l’inspection du travail pour lui demander de faire un contrôle inopiné dans l’entreprise afin de s’assurer de la mise en œuvre de la mesure. Il évoque également la sollicitation de l’Assemblée nationale souvent ignorée par les syndicats et qui peut par son pouvoir contraindre le patronat à s’exécuter.

   L’Etat a également décidé d’apporter son appui aux syndicats du secteur privé. A la tribune « Tout savoir sur », initiée par le Centre d’Information et de Communication gouvernemental (CICG) et relative à la protection des droits des travailleurs en Côte d’Ivoire, la directrice adjointe de cabinet du ministre de l’Emploi et de la Protection sociale, Bintou Coulibaly, assure que des contrôles seront faits pour le respect des textes de loi relative à l’augmentation des salaires dans le secteur privé. Pour elle, le travailleur qui s’estime être lésé a des voies de recours : « Le travailleur peut déposer une plainte à l’Inspection du Travail qui fera l’objet d’un traitement afin d’aboutir à la conciliation des parties », conseille-t-elle.

   Les syndicats sont confrontés à de nombreux défis lorsqu'ils tentent de faire respecter l’applicabilité du Smig. Devant la faiblesse de l'application de la mesure et l’incapacité à mener des négociations efficaces, ils optent souvent pour la médiation qui se caractérise par un dialogue apaisé entre employeurs et employés. C’est cette voie que conseille d’ailleurs le Secrétaire général de de l’UNATRACI : « Nous utilisons ce canal et nous demandons une audience aux patrons pour discuter sereinement et leur montrer l’importance de pouvoir appliquer le Smig », explique Yves Kodibo. Avant de faire savoir que ce lobbying auprès des sociétés motive les travailleurs et booste la productivité.

   Outre ces deux voies de recours, il existe d’autres moyens que seuls les syndicats avertis connaissent. C’est le cas du Secrétaire général du Collectif des Secrétaires généraux et des Délégués du Personnel du Secteur privé de Côte d’Ivoire (COSEGEPED-CI), Koudou Gnahoua Ambroise dont le siège est dans la commune de Yopougon. Selon lui, lorsque ces mesures ne passent pas, il faut passer à l’anticipation en exhortant l’Etat à affecter au sein des sociétés privées des chefs de personnel et directeurs des Ressources humaines (Drh) afin d’avoir un regard dans la gestion des entreprises et les amener à l’application des mesures à la lettre.

 

« Nous pensons que ces personnes ayant été affectées par l’Etat auront les coudées franches pour travailler et n’auront pas de compte à rendre aux au patronat mais plutôt à l’Etat », explique-t-il en expliquant que cette initiative évitera des conflits au sein des entreprises.

 

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